Partie 2

Et je t’ai finalement rencontré
Et tu m’as finalement rencontré
Dans cette brume poétique automnale
À l’abri de tout

Sous la lumière tamisée des nuages
Le sol avait une teinte de dorure étincelante
Comme si un manteau de laine voulait recouvrir la terre
Pour la garder au chaud durant l’hiver

Quelques oiseaux mal connus
Se perchent et vacillent au gré du vent
Sur les roseaux fanés
Qui ornent ces grands prés

La terre et un petit étang d’eau
N’en fallait pas plus pour que de grands oiseaux
Atterrissent, alunissent ou s’aplatissent
Devant nos yeux tout émerveillés

Les oies s’amusent dans le vent
Virevoltent comme le pinceau du peintre
Mais, sans jamais se toucher
Et surtout sans jamais se « crasher »

Elles arrivent de nulle part d’un air assuré
Rapide, à une vitesse démesurée
Elles se calment, on dirait comme pour se percher
Et soudain se mettent à planer, comme pour négocier

La descente est certaine
Mais l’atterrissage semble périlleux
Le dernier instant est incertain
Mais finalement tout va pour le mieux

Quoique beaucoup trop tard
Elle ouvre ses ailes d’un geste presque angélique
Comme en disant quelque chose genre
Tassez-vous, m’as me la péter…veux juste me reloger

Quelques-uns, quelques-unes, des jeunes aussi
Bien reposés et bien repus
Osent s’élever courageusement
Et s’envolent vers quelque part

Après une timide parade
Pour ramasser les quelques volontaires
Ces puissants avions du ciel
Décollent pour l’hiver du sud

Hésitantes, jeunes comme vieilles
Dansantes sous la gelure du vent
Ruisselantes sous la pluie froide de l’automne
Elles s’envolent, haut, très haut
Loin, très loin.

Et voilà un menu de faits importants
Mais si parfaits pour les hommes ordinaires
Qu’ordinairement de tels événements
Sont réfutés comme étant extraordinaire

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